Qui es-tu... Madame ?
Toi, dont j’ignore encor la pensée et le fond,
Dont l’esprit voyageur s’amuse ou se morfond,
Que tu sois virago, sorcière ou bien déesse,
J’ai tant besoin de toi, éternelle jeunesse.
J’aime ton caractère aux multiples reflets,
Tes élans de douceur, tes cinglants camouflets,
Entre sincérité et parfois tes mensonges,
Tu restes mon désir, le sujet de mes songes.
L’amour est ton crédo, tu traverses le temps,
L’été devient l’enfer et l’hiver le printemps,
Ton souffle dans le cou est comme une caresse,
Tes baisers sensuels me plongent dans l’ivresse.
Tu es la liberté, la folie des grandeurs,
Un esprit tourmenté, le ciel et ses lourdeurs,
La nuit est ton royaume et le jour ton domaine,
Tu es de n’importe où, Parisienne et Romaine.
Des montagnes blanchies aux rivages dorés,
Des profondes forêts aux coteaux mordorés,
Tu es le vent léger et la folle tempête,
Les rayons d’un soleil qui me brûlent la tête.
Tu es l’oiseau de feu, l’impétueux torrent,
La source d’un plaisir chaque fois différent,
Tu es le paradis de mon âme en balade,
Le rocher qui ce soir m’invite à l’escalade.
Anacréodes
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Elle aimait ça, Musset
La vieille barque devenait barcarolle
Elle déclamait du Musset, c’était drôle
Elle connaissait ses pièces et tous ses vers
Sa voix couvrait tous les bruits de la mer
Quand enfin ils abordaient à la grotte
Elle, contre lui, sa voix était toute autre
C’est dans la nuit torride contre son corps
Qu’il se sentait un homme, et le plus fort
Il aimait tout d’elle, et y pense encore
Il humait son parfum par tous les pores
Ses caresses, leurs ivresses, il les revit
Matelas d’algues sèches, le plus doux nid
Aujourd’hui, rêveur dans la nuit profonde
Où il évoque son sourire de Joconde
Qui nargue la solitude de son présent
Depuis ces temps là, que d’évènements…
Jan