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L'Equipe d'Au Bout de la Plume
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 | Imprimé: €17.50 Téléchargé: €3.70 C'est à celle qui me fit écrire mes plus beaux textes (heureux ou déchiré) que je dédie ce modeste recueuil, puisqu'ils ont tous été composés pour elle ! Je terminerai par cette lette "A"... Elle sait ce que cela veut dire, le lecteur le découvrira à l'intérieur de l'ouvrage. |
| | | Poème de la semaine | |
Le vieux piano Relégué dans un coin, le vieux piano s'ennuie. Personne ne vient plus faire vibrer sa voix. Son clavier est muet, sa table d'harmonie Rêve aux jolis concerts qu'il donnait autrefois. Qu'est-il donc arrivé au compagnon fidèle De l'enfant qui jouait adagio, allégro, L'impromptu de Chopin, la valse de Ravel, Et la lettre à Elise, avec un tel brio. Il arriva qu'un jour, l'instrument joua faux. La jeune virtuose à grands cris excédés, Déclara ne pouvoir pardonner ce défaut. Le piano et l'enfant furent désaccordés. Chaque jour, au grenier, le vieux piano écoute Les sons mélodieux qui montent du salon. J'ai le droit de penser, se dit-il, somme toute, Que j'aurais préféré être né violon. Dans son coin, il attend, dès que pointe le jour. Il épie chaque bruit, car il sait que bientôt, Ainsi que je le fais, et ce depuis toujours, Je viendrai saluer mon très cher vieux piano.
©Renée Jeanne Mignard
| | UN BONHEUR MUET | |
UN BONHEUR MUET
Dans le soir vaporeux d’effluves parfumées, Que les troublants lilas, aux portes des jardins Libèrent, languissants, dans les vertugadins, Mon âme s’illumine à l’abri des ramées.
Ô ! moments délicats de splendeurs réclamées, Gorgés de poésie et de charmes divins, Dont les couchants de mai aux tons incarnadins, Pénétrent mon esprit de ces fresques aimées.
Dans mon palais de rêve où tout devient grisant, Tel un ruisseau d’argent qui se meut, apaisant, Fluent de cléments schémas aux séquences fleuries.
La flore recueillie, circonspecte s’endort ; Genets, cistes, iris, dans leurs coquetteries, Ont ce bonheur muet de mes sens en accord.
©ANDRÉ
| | bout de plume libre |
Sète
Si vous allez un jour du côté des sétois Où j'ai passé le temps de mes jeunes années, Près de la grande bleue, la Méditerranée, Sachez que ce pays compte beaucoup pour moi.
Quand souffle le marin je pense au vent grecquois, Aux soirs sur les étangs quand brûlaient les étés, Aux pêcheurs qui tiraient leurs filets déchirés, Et mon âme flottait sur les barques de bois.
Quand j'y songe, mon coeur vogue sur les péniches Qui suivent les canaux, et flâne à la Corniche Où j'ai bâti souvent des projets d'avenir.
Et quand le vent du Nord berce le Mont Saint Clair, Aux bords du cimetière où dort mon souvenir, Des visages se noient dans le grand golfe clair...
©Bancel
| | Mille poussières |
 Photo Mirabelle, Toronto 2007
Mille poussières
Il vaudrait mieux porter sabots Que chaussures bien équipées Que nul ne sait comment chausser Et marcher avec des pieds bots!
Dans cette ère moderne et froide Où certains se croient tout permis Sans respect de soi ou d'autrui Vaut mieux être inconnu et roide!
À quoi sert de gagner les prix Si on perd son corps et son âme Même si la foule se pâme Devant les trophées du jury!
Moi qui ne suis que poussière Dans cette dynastie d'étoiles Je préfère porter le voile Et vivre dans la misère...
Plutôt ne jamais connaître La gloire et le beau tapis rouge Sourire à tout ce qui bouge Pour simplement bien paraître!
Je veux vivre pour ce qui compte L'amitié et le cœur sincère Pour mon temps sur cette terre Peu importe ce qu'on raconte!
©Mirabelle
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