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C'était hier.

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AuteurMessage
André
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TaureauCheval
Age : 66
Inscrit le : 20 Fév 2006
Messages : 7371
Localisation : Marseille

MessageSujet: C'était hier.   Ven 18 Juil - 15:57


(ombres du passé du Facteur Céleste)


C’ETAIT HIER

Dans la tiédeur du soir qui sait fleurir mon âme,
Quand le cœur est conquis de chants alanguissants,
Je goûte, bienheureux, les faveurs dont sa pâme
Mon regard absorbé par les près verdissants.

À la douceur des sens le passé me rappelle
Les riants souvenirs du jardin familier ;
En songe je revois, charitable étincelle,
Quelques fragments de vie, symbole hospitalier.

Au frisson vaporeux, dans la lumière d’ambre,
Surgissent du néant des détails bien charmants :
Des bruits et des parfums où, de cette antichambre,
Je guette vers l’entrée des éloignés moments…

Cétoines et grillons, hannetons, sauterelles,
Semblent se dessiner d’un chimérique ciel,
Tout comme ces vieux nids, charmés des hirondelles,
Qui nous portaient bonheur : temps providentiel !

Je m’accoude au balcon songeur de l’existence :
Sous la tonnelle en fleurs, et sortant du verger,
J’aperçois dans le flou, brusque réminiscence,
Ma mère et puis mon père, en leur pas si léger…

ANDRÉ




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La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
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Pagnolesque
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SagittaireRat
Age : 47
Inscrit le : 22 Avr 2005
Messages : 6470
Localisation : Isère

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 4:02

Qu'il est doux cher André de se tourner vers ton passé, ton hier ! Merci pour cet agréable moment de lecture !

Je t'embrasse
_________________


Sans toi je ne suis qu'un être sans éclat, car tu éclairais mes jours et mes pensées ! Tu étais simplement mon soleil !
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Jehan
on ne peut s'en passer...
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TaureauCoq
Age : 51
Inscrit le : 12 Aoû 2006
Messages : 486
Localisation : Provence

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 4:39

Quel plaisir, cher André, de découvrir des quatrains où tu égrènes tant de mots, riches de leurs sonorités douces et mélancoliques, et de toutes les résonances qu’ils éveillent chez le lecteur attentif et ravi. Faut-il citer pêle-mêle « douceur, tiédeur, alanguissants, vaporeux, frisson, lumière d’ambre » etc. ?

Couleurs, parfums, bruits semblent, tu le dis bien, surgir du passé qui est enfoui en toi, toujours vivant. Nous sentons bien cette présence palpitante qui ne demande qu’à revivre en de beaux vers. C’est là le privilège du poète qui peut recréer à loisir, et donner ainsi de la durée à ce qui n’a fait que passer fugitivement et que nous n’avions pas su goûter suffisamment. « Carpe diem » n’est-ce pas ?

Mais la lecture de ton poème a également réveillé en moi quelques réflexions d’ordre général. Tu me pardonneras cette digression un peu littéraire.

Guidé par ton art, tu as su éviter que la narration l’emporte sur la forme. Le piège est ici d’accumuler les détails anecdotiques, qui se suivent alors sans réelle recherche d’expression. La gravité et le caractère émouvant du sujet sont trompeurs. Ils ne suffisent pas à corriger ces erreurs d’écriture. L’émotion, pourtant sincère, ne passe pas, alors qu’avec ce genre de poème, c’est bien l’ambition de tout auteur.

On trouve parfois de ces textes interminables sans images, sans rythme, sans musique ni évidemment effort de transposition. On sent le travail d’un écolier appliqué qui a appris sa leçon. Mais le manque flagrant d’inspiration rend impossible le miracle poétique. Ce n’est que de la prose rimée, qui est à la poésie ce que le Canada Dry est à l’alcool ! miamme

« Il se tue à rimer : que n’écrit-il en prose ? » Vieux conseil de Boileau, toujours d’actualité.

Voilà en tous cas un reproche qu’il ne t’eût pas adressé, cher André ! Et tant mieux pour nous qui te lisons. main

Toutes mes amitiés de plume11

Jehan




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Si nous habitons un éclair, il est au coeur de l'éternel.(René Char)
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renée jeanne mignard
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SagittaireBuffle
Age : 82
Inscrit le : 14 Oct 2005
Messages : 2277
Localisation : touraine

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 8:00

Oui, Jehan....Il n'y a pire déplaisir pour le lecteur que de lire un texte poétique manquant de la moindre inspiration....Et comme j'aime la pensée de Boileau....

Il ne saurait y avoir d'indulgence pour qui se targue d'écrire de la poésie, et n'est pas capable de faire vivre à son lecteur les sentiments et l'émotion qu'il doit donner en partage.

Bien entendu, les détracteurs de la "vraie poésie", ceux qui veulent que l'on en oublie les règles , que l'on accepte leur façon de la maltraiter , traitent de vieux fossiles rétrogrades celles et ceux qui ne sont pas de cette école....

Peu nous chaut, n'est-ce-pas? Puisque nous avons le bonheur physique et spirituel de connaître des instants divins à la lecture de poèmes d'un magicien tel qu'André..

Bisous à vous deux,
,


_________________
Renée Jeanne mignard


L'art ne fait que des vers. Le coeur seul est poète (André Chénier)


Dernière édition par renée jeanne mignard le Sam 19 Juil - 15:54, édité 1 fois
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André
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TaureauCheval
Age : 66
Inscrit le : 20 Fév 2006
Messages : 7371
Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 8:39

Réponse à vous trois, mais chers Amis poètes, cet après-midi.? La patronne danseur vient de me faire signe qu'il fallait passer à table. C'est incroyable comme le temps assez vite devant l'écran. Et j'y suis pourtant depuis 180 minutes.

Bon appétit et Bisous de votre fidèle marseillais.

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Mirabelle
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CancerDragon
Age : 56
Inscrit le : 28 Nov 2007
Messages : 599
Localisation : Canada

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 9:30

La nature t'environne depuis l'enfance,il me semble! Pour moi,enfant de la ville qui a ''subi'' la campagne à dix ans, ton poème me fait découvrir des instants manqués.
_________________


Qu’il est bon de se blottir au creux des mots,
Et pouvoir un instant, oublier ses maux.
Au gré de la plume, se crée l’oasis
Bien, à l’abri de ce monde factice.

Mirabelle
http://www.geocities.com/lolo52/
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André
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TaureauCheval
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Localisation : Marseille

MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 14:44

Chez moi, cela a été le contraire. Mes parents ayant une maison à Cornillon-Confoux, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille, nous nous rendions, à toutes les occasions, dans notre petit havre de paix. Là, au milieu de la nature, et au cours d'innombrables promenades dans les collines environnantes, nous prenions le temps d'en apprécier les richesses. C'est dans cet endroit que mon père m'a appris à connaître les Éphippigères; sauterelles aux ailes atrophiées, les dectiques, les cétoines, les empuses (insecte voisin de la mante religieuse). Nous cherchions aussi les grillons pour les mettre dans de< jolies petites cages spécialement conçues. Dans un hangar, je m'amusais, à gratter, avec une fille paille, les entonnoirs des fourmillons afin qu'ils viennent en saisir le bout, pensant qu'il s'agissait d'un insecte tombé dans leur piège. Je les attrapais de la sorte, tout comme avec une longue paille mince et souple, mon père m'avait appris à faire au bout un petit noeud coulant, me servant à prendre les lézards. Bien entendu, après je relâchais tout ce "petit monde" dans son milieu d'origine.

Ces instants manqués on peut les découvrir et les vivre à tout âge, ma chère MIRABELLE. Il n est jamais trop tard. Il suffit d'avoir envie d'authentique, et de visiter des endroits encore un peu préservés. C'est pour cela que mon épouse et moi nous nous rendons le plus souvent possible, lors des vacances, dans des endroits comme les Alpes, Les Savoies, ou encore les Pyrénées. La faune et la flore y sont riches, comme dans les parcs naturels. Crois-moi, je souffre de mon environnement, dans la ville, où pour tout horizon, je n'ai que le béton des immeubles alentour. Alors, soit je fais revivre le passé, soit j'emmagasine le plus d'images possibles durant nos séjours, pour les faire revivre par la poésie, quand je suis dans mon appartement. Un excellent moyen de m'évader, le temps d'un poème, comme on dit.

BISOUS du marseillais.

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André
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TaureauCheval
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MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 15:07

Oui JEAN-LUC, ces moments ne disparaîtront jamais de ma mémoire tant j'en ai été imprégné. Quand la poésie est mémoire, elle devient, en quelque sorte, une mnémotechnie, une technique de conservation. Les images gravées dans notre esprit s'assemblent, et pour mieux les pérenniser, quoi de plus beau que de les mettre en vers ; ainsi elles se fixent, se conservent et se transmettent. Lorsque j'écris de tels poèmes en "poésie-réalité", je me dis que si l'oralité conserve la parole vivante, l'écriture, elle, demeure, et l'esprit est sauvegardé.

Il s'agit pour moi, comme pour tout poète authentique qui épouse dans la scansion des vers, les rythmes du corps calqués sur une divine "respiration", d'assurer une sorte de connivence avec mes lecteurs, car cette inscription de la poésie du souvenir et de la nature doit perdurer lorsqu'on s'éloigne de la simple oralité.

Un très grand merci pour ton commentaire et ton appréciation. Toi-même as su nous offrir de superbes poèmes, et d'une émotion intense, en relatant les paysages de ta jeunesse. Qu'il en soit ainsi pour chacun d'entre nous, et la poésie ne méritera jamais mieux cette réflexion de Voltaire : Un vrai poète est celui qui remue l'âme et l'attendrit.

Je t'embrasse mon cher JEAN-LUC.

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André
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TaureauCheval
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MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 16:05


Grand merci, mon cher JeHaN, pour ces pertinentes analyses. Pourrait-il en être autrement de la part d'un poète aussi distingué et qui attache autant d'importance sur l'arbitraire du signe et sur la motivation du langage poétique ?

Contrairement à ce que pensait HERMOGÈNE, je ne vois pas une simple convention dans la relation qui unit les mots et les choses. De tout temps, les poètes ont préféré la théorie de CRATYLE car la poésie a en elle la croyance que les signes ne doivent pas être arbitraires et que les mots sont une propriété naturelle des choses.

Tu as totalement raison de souligner mon attachement au symbolisme des sons. Il est, je pense, l'essentiel de nos ressources car il permet la permanence de la réflexion et l'extériorisation des sentiments et du vécu. Je crois en cette forme élémentaire du cratylisme poétique qui dérive de l'adhésion en la puissance mimétique des sons linguistiques. Pour exprimer et réussir le plus fidèlement possible la narration de nos souvenirs, le symbolisme naturel des sons doit rester le plus près possible des mots et de ce qu'ils désignent. La force des sonorités verbales doit suggérer cette harmonie imitative. Nous savons tous, nous poètes purs de ce forum, même si, comme le dit notre chère RENÉE-JEANNE, certains pensent que la poésie classique est dépassée, ringarde, que si celle-ci a su survivre à plus de onze siècles d'existence, elle ne disparaîtra JAMAIS. Tout au moins tant que la vraie culture ne sera pas oubliée et ne deviendra pas cause perdue. La culture n'est pas acquise une fois pour toutes : elle doit toujours être renouvelée. Elle doit être une tâche et un plaisir de chaque jour. La véritable culture, en poésie, est autodidacte, face à la culture uniformisée. Elle est alors le fruit d'un véritable plaisir, d'un travail personnel et profond.

Ma plus chaleureuse et sincère amitié poétique, mon cher JeHaN.


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André
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TaureauCheval
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MessageSujet: Re: C'était hier.   Sam 19 Juil - 16:34

Grand merci ma chère RENÉE-JEANNE pour ces termes élogieux adressés à mon endroit. Je ne les mérite pas plus qu'un autre. Nous sommes tous, ici, des poètes du coeur, de la beauté des choses et de ce filtre poétique grâcre auquel nous savons ranimer les souvenirs et les couleurs de l'enfance. L'inspiration est vécue comme une intensité émotive. L'enfant, comme le poète, n'a pas peur des mots ; il joue avec eux, s'émerveille de leurs pouvoirs et en expérimente de nouveaux.

Mon poème est le mariage du souvenir, le rêve d'une réalité disparue, la perception poétique du temps et de l'espace. Mais, ma chère RENÉE-JEANNE, les poètes que nous sommes ne se laissent-ils pas envahir par des voix qui font de nous des sortes de secrétaires de l'inconscient ? Laissons chanter nos lyres et ne nous préoccupons pas de ce que peuvent penser nos détracteurs. Continuons à faire chanter nos coeurs de façon légère. Comme l'écrivait Pierre REVERDY : l"e poète est un plongeur qui va chercher dans les plus infimes profondeurs de la conscience les matériaux sublimes qui viendront se cristalliser quand sa main les portera au jour".

Je suis tout à fait d'accord sur le fait que le plus grand tort der la poésie est de la noyer dans un océan de phrases. Plus on multiplie les "causeries" et les dissertations erratiques, plus on risque de rendre la poésie fuyante et obscure, voire hermétique. La poésie se fait dans la simplicité. Je pense qu'on pourrait résumer, et je pense que vous serez tous d'accord, mes chers amis, la poésie joue sur une double valeur : une forme d'art spécifique dont le langage est le matériau, et une catégorie spécifique : l'esthétique. Le regard de la poésie devient alors musique.

Je t'embrasse ma chère Amie de plume.
FABRICE ET MARIE LOUISE s'associent à moi, comme de bien entendu.

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Jehan
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TaureauCoq
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MessageSujet: Re: C'était hier.   Ven 25 Juil - 9:01


Comme tu le vois, cher André, j'arrive parfaitement à utiliser la fonction "Citer" sur ce poème, mais non sur "Vue sur mer"!

Mystère...

A bientôt sur ton poème...enfin j'espère! lol!

De toutes façons, je ne vais pas changer d'ordinateur! lol!

Jehan



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André
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TaureauCheval
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MessageSujet: Re: C'était hier.   Ven 25 Juil - 13:33

Et tu as bien raison ; l'ordinateur est un accessoire qui a été conçu pour accélérer et automatiser les erreurs : on entre un problème et il n'en ressort jamais !

comprendrien

Ceci dit, mon cher JeHaN, ne te tracasse pas outre mesure pour cela. Nous autres poètes ne sommes jamais en manque d'imagination, et j'aurai certainement un autre poème à poster d'ici peu sur le forum pour que tout rentre dans l'ordre et que tu puisses accéder à cette fameuse fonction citer. De mon côté, je vais, de ce pas, supprimer le sonnet, et remettre les balises en les tapant au clavier, sans faire de copier-coller. Est-ce que cette manoeuvre va résoudre le problème ? je l'ignore. J'aurai au moins fait l'essai.

Très chaleureuse amitié, mon cher JeHaN.



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