Au Bout De La Plume

Poésie libre et classique - Photo - Peinture - Création - Amitié
AccueilAccueil  ­PortailPortail  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Fables express et "Texticules" (Nouveau !)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Ven 3 Juil - 7:16

MISÉRICORDE

Il voulait se noyer. De nageurs une horde
Le retira de l'eau, mais cela sans profit,
Car, comble de malheur, bientôt il se pendit.

Moralité :

À tout r'pêché, misère et corde.

Alphonse ALLAIS.
______________


BOHÈME

Un long bohème dit ses vers en plein salon !
Horror ! horror ! Furtif, avec un art suprême,
Je m'esquive au buffet, loin de cet Absalon.

Moralité :

Un sorbet sans défaut vaut mieux qu'un long bohème.

WILLY
_____________


CONCOURS LÉPINE

Débordé par la mise en place colossale
De son concours, Monsieur le préfet Louis Lépine
N'a plus le temps, le soir, de se laver... les dents.

Moralité :

L'épine dort sale.

Alphonse ALLAIS
______________


LE RÉPÉTITEUR

On lisait Baudelaire, en classe de français,
Et moi, Lheur Mamadou, je faisais l'imbécile.
Le maître, en bégayant, soudain me crie : "Assez !"

Moralité :

Sois sage, ô Mamadou Lheur, et tiens-toi plus tranquille !

WILLY
______________


VOCABULAIRE

Mon fils ne va pas bien ! dit la vache, sa mère.
Ses rots comme ses pets sont vents d'anthologie.
Et je crois qu'il me fait de l'aérophagie...
En plus, il est savant : il lit le dictionnaire !

Moralité :

Le veau qu'a bu l'air.

Alphonse ALLAIS
______________

À SUIVRE...

<embed src="http://echos-poetiques.net/images/bugsbunny.mid" width="1" height="1" type="audio/midi" loop="true" autostart="true"></embed>

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Sam 4 Juil - 5:30

THOMAS

Ce fut au moment du carême
Qu'un pur sang avala Thomas.
En vain, l'on tenta maint système
Pour l'extraire de l'estomac :
En tirant fort par les talons.
On eut les bottes de Thomas.

Moralité :

Laisse Thomas dans l'étalon.

ANONYME
_____________


MA SOEUR

La soeur, qui n'hésita jamais, ni peu, ni prou,
T'a armé mon bateau, de la poupe à la proue.

Moralité :

Ma soeur, qui n'hésitera peu, t'a grée !

ANONYME
_____________


LE PETIT JÉSUS

Quand le Petit Jésus naquit sous une bâche,
Il n'eut, pour le chauffer, qu'un âne et une vache.

Moralité :

Sans feu, maître ?

ANONYME
_____________


ANTOINE

Antoine, général victorieux, nous dit-on
Quitta Rome et ses ors pour retrouver son âtre,
Laissant en d'autres mains son troupeau de moutons.

Moralité :

Antoine, en t'en allant, laisse la clé au pâtre.

Claude GAGNIÈRE
_____________


LANGUE AU CHAT

- "Je me les gèle !" a dit un soir de Chandeleur
Un vieux matou, transi à sa chatte en chaleur.
"Remettons nos ébats au jour de l'Assomption !"
- Et c'est quand, ce jour-là ?" dit-elle avec passion.

Moralité :

Mi-août

Claude GAGNIÈRE
_____________

À SUIVRE...


_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Dim 5 Juil - 4:55

LA SOURIS

C'est la révolution pour les souris optiques ;
La nouvelle molette est un avènement :
Scroller de haut en bas s'avère bien pratique,
Se glissant sous le pouce, elle aide drôlement !

Moralité :

La souris aime "l'amie molette" (mimolette)

ANDRÉ
________________


LE PILOTE.

Tandis que j'observais le convoi funéraire
Le regard attiré sur son preux conducteur,
Je ne pus m'empêcher d'y voir un corollaire :
Conséquence évidente au nom évocateur ;
Ce monsieur était bien, je le dis sans excès,
Fort doué au métier de "pilote-décès."

ANDRÉ
________________


CARMEN

Au théâtre on jouait le "Carmen" de Bizet ;
Rien ne fut négligé et, dans le réalisme,
Au décor du plateau un peu modernisé,
Deux pigeons figuraient, perchés sur un haut prisme.

Moralité :

Sur le prisme carmin : deux bisets*. (Carmen de Bizet)

* Biset : pigeon gris bleuté.

ANDRÉ
________________


DOPAGE

Curieuse affaire de dopage que voici :
Devant le tribunal la scène est pittoresque,
Le jockey a triché ; le fait en est concis...
L'analyse a montré que dans son club équestre
Il droguait sa monture et gagnait chaque prix
Grâce à cet artifice, à l'usage proscrit.

Moralité :

La cour séquestre !

ANDRÉ
________________

FIN


_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Lun 6 Juil - 14:38

Après cette petite compilation de "fables express", il était tout indiqué d'enchaîner sur des textes courts satiriques ou humoristiques. Voilà chose faite avec la présentation des meilleurs texticules* glanés çà et là au cours de mes recherches. Je pense que vous apprécierez ces mots d'esprit, ces duels littéraires à distance, de quelques uns de nos meilleurs auteurs caustiques, incisifs, dont les vers sont parfois acérés.

*On doit à Raymond QUENEAU le néologisme Texticule par lequel il avait baptisé affectueusement quelques unes de ses courtes oeuvres.

Savourez, mes ami(e)s !


ALCANDRE

Alcandre, c'est ta passion
Tu veux une longue épigramme,
Bien qu'elle soit digne du blâme
Comme une longue inscription ;
D'un seul coup, elle fait sa brèche
Ainsi que le trait d'un archer.
As-tu jamais vu décocher
Une pique au lieu d'une flèche ?

GOMBAULD
________________


LE VRAI POÈTE

Tout vrai poète est semblable à l'abeille ;
C'est pour nous seuls que l'aurore l'éveille,
Et qu'elle amasse, au milieu des chaleurs,
Ce miel si doux tiré du suc des fleurs.
Mais la nature, au moment qu'on l'offense,
Lui fit présent d'un dard pour sa défense,
D'un aiguillon qui, prompt à la venger,
Cuit plus d'un jour à qui l'ose outrager.

Jean-Baptiste ROUSSEAU*


* Ce ROUSSEAU là n'avait rien à voir avec Jean-Jacques. On lui préféra, aux portes de l'Académie française, Houdar de La MOTTE. Mauvais perdant, et tel une abeille en folie, il poursuivit durant toute son existence son rival de couplets venimeux qui le firent condamner, à l'époque, au bannissement à perpétuité.
________________


CONTRE LA MOTTE

Le traducteur qui rima l'Iliade
De douze chants prétendit l'abréger ,
Mais, par son style aussi triste que fade,
De douze en sus il a su l'allonger.
Or, le lecteur, qui se sent affliger,
Le donne au diable et dit, perdant l'haleine :
- "Eh ! finissez, rimeur à la douzaine !
Vos abrégés sont longs au dernier point !"
Ami lecteur, vous voilà bien en peine,
Rendez-les courts en ne les lisant point.


Jean-Baptiste ROUSSEAU

Houdar de la MOTTE, pour prétendre rivaliser avec HOMÈRE, entreprit de récrire en vers son Iliade après l'avoir, au passage, réduite de moitié. Circonstance aggravante, Houdar ne connaissait pas un mot de Grec, et le résultat fut pitoyable. Les épigrammes se mirent à pleuvoir. Celle de Jean-Baptsite, ci-dessus, donne le ton.

À SUIVRE...

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Mar 7 Juil - 8:00

L'ACADÉMIE

Quand on a comme moi la fortune ennemie,
On n'est pas aujourd'hui propre à l'Académie.
J'ai du génie et de l'acquis,
Ma prose ni mes vers ne me font pas de honte,
Mais je ne suis, hélas ! duc, évêque ni comte,
Ministre, cardinal, président ni marquis.

Bernard de La MONNOYE



Et comme l'Académie, à cette époque, avait l'épiderme sensible, elle fit payer cher à La MONNOYE son épigramme en le condamnant à faire antichambre trente années durant avant d'y pouvoir entrer.

Lorsqu'il s'assit, enfin, dans le fauteuil tant espéré, il prouva, en quelques vers, qu'il n'avait pas jeté la rancune à la rivière, en composant cette nouvelle épigramme :


LES QUARANTE

J'ai l'honneur d'être un des quarante,
Sans que, chose assez surprenante,
Je sois ni vice-chancelier,
Abbé, cardinal, archevêque,
Pensionnaire, duc évêque,
Comte, marquis, ni jetonnier.

Bernard de La MONNOYE

_________________


À la fin du XVIII° siècle, les comédiennes Mademoiselle GEORGE et Mademoiselle DUCHESNOIS ne furent pas épargnées ni par la critique ni par la satire des épigrammistes. Voici l'un d'eux, dont l'auteur est resté anonyme :

LES ACTRICES

Entre deux actrices nouvelles
Les beaux esprits sont partagés ;
Mais ceux qui ne se sont rangés
Sous le drapeau d'aucune d'elles
Préféreront sans contredit,
Sauf le respect de Melpomène,
Entendre l'une sur la scène
Et tenir l'autre dans son lit.

ANONYME

________________

À SUIVRE...

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Mer 8 Juil - 5:18

RENDEZ-VOUS MANQUE

Ah ! premier rendez-vous dans notre petit nid !
Mais, hélas ! quel affreux changement au programme :
Elle m’a tellement parlé de son mari,
Que je n’ai pu placer un seul mot sur ma femme.

Fernand GREGH
_________________


L’AIGLON

Lorsque le Sénat harangua
Le roi de Rome dans sa couche :
« Messieurs, votre hommage me touche ! »
Dit l’enfant en faisant caca.
Cela passa de bouche en bouche.

ANONYME


Quand au château des Tuileries naquit François Charles Joseph Napoléon Bonaparte, dit Napoléon II, roi de Rome, le fils que lui donna Marie-Louise d‘Autriche, le 20 mars 1811, Napoléon put croire qu’il avait fondé une dynastie impériale. L’enfant ne régnera jamais. Un poète satirique de l’époque composé ces vers pour se moquer.
________________


CHANTER FAUX

Vous n’êtes pas sans défauts
Mais, à part toute louange,
Vous chanteriez comme un ange
Si les anges chantaient faux.

ANONYME


A la fin du XIXe siècle, l’épigramme ci-dessus fut adressée à l’endroit d’une certaine Mademoiselle Roissy, modeste cantatrice, qui « écorchait » les grands airs à la mode du répertoire avec l’assurance que donne la conscience pure. En échange de ses fausses notes, elle avait donc reçu un jour ce vrai billet. C’est ce qu’on pourrait appeler, de nos jours, un marché équitable.
_________________


A l’AUBERGISTE DE LA HURE

Vendeur de fricot frelaté,
Hôtelier chez qui se fricasse
L’ordure avec la saleté,
Gargotier chez qui l’on ramasse
Soupe maigre et vaisselle grasse
Et tous les poux de la cité,
Ton auberge comme ta face
Est hure pour la bonne grâce
Et groin pour la propreté.

Victor HUGO


Au cours de l’été 1885, alors qu’ils traversaient la Picardie, Victor HUGO et Juliette firent halte à l’Auberge de la Hure. HUGO fut si furieux de l’accueil qu’on leur réservé, qu’avant de partir il écrivit sur le mur, avec un bout de charbon de bois, ce poème vengeur.
_________________

A SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Jeu 9 Juil - 13:03

MAL A L’AISE

Au diable ! Auberge immonde ! Hôtel de la punaise,
Où la peau, le matin, se couvre de rougeurs,
Où la cuisine pue, où l’on dot mal à l’aide,
Où l’ion entend chanter les commis voyageurs.

Victor HUGO


Notre Immortel poète était-il un client difficile ou les auberges de l’époque particulièrement répugnantes ? Toujours est-il que le poète ne se priva pas de laisser sur le « Livre d’Or » d’un autre hôtelier, cette peu flatteuse appréciation autographe. De nos jours, cette « pointe » mériterait de figurer dans le guide « Hugo et Millau » !
________________


VOUS M’AVEZ FAIT JETER…

Vous m’avez fait jeter au plus vif de la flamme
Un sonnet que, du cœur, l’Amour m’a fait sortir :
Si c’est pour apaiser les courroux de votre âme,
La vengeance est petite, il n’en peut rien sentir.

Ah ! non, vous l’avez fait pour sauver votre gloire,
Qui courait grand péril sans cet embrasement :
Car, en brûlant mes vers, je brûle aussi l’histoire
De votre tyrannie et de mon long tourment.

Philippe DESPORTES


Cet autodafé miniature écrit par Philippe DESPORTES fait allusion à un sonnet qu’un brûlant amour lui avait inspiré, et que sa maîtresse, qui craignait, semble-t-il, les mots plus que la chose, lui ordonna de jeter au feu.
_______________


OUVRAGE INACHEVE

Nature en formant votre corps
Lui donna tant d’avantages
Que celui qui forma l’esprit
En fut jaloux et, de dépit,
Refusa d’achever l’ouvrage.

SAINT-SAVIN


Denis SANGUIN de SAINT-PAVIN était un épicurien mondain, mais aussi licencieux es épigrammes. Une ravissante bécasse, sans doute plus douée pour les charmes du lit que pour ceux de la conversation, et rencontrée un jour. à la sortie d’un théâtre, lui inspira ces quelques vers méchants.
________________

À SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Ven 10 Juil - 5:38

BILLARD

Ci-gît le fameux Chamillart,
De son roi le protonotaire,
Qui fut un héros au billard,
Un zéro dans le ministère.

ANONYME


Sous le règne de Louis XIV, Michel Chamillart fut contrôleur des Finances et secrétaire d’État à la guerre ; Il dut sa brillante carrière politique moins à ses talents de financier qui étaient fort limités qu’à son extrême habileté au billard dont était passionné Louis XIV. Fin limier, il savait opportunément laisser gagner le roi qui lui témoignait la plus grande sympathie. Cette épigramme anonyme, en forme d’épitaphe, circula dans la cour.
________________


LA MARQUISE

La marquise a bien des appas,
Ses traits sont fins, ses grâces franches,
Et les fleurs naissent sous ses pas ;
Mais, hélas ! ce sont des fleurs blanches.

MAUREPAS


La marquise de Pompadour était connue pour ses polissonneries royales. Un tenace parfum d’orgies et de stupre entourait sa personne. Cependant, la réalité était plus prosaïque : Madame de Pompadour n’était guère intéressée par les choses de l’amour. A en croire les confidences qu’elle fit, elle était frigide, et le pouvoir était son seul aphrodisiaque. Un certain jour, en passant à table, elle troua ce quatrain ci-dessus dans son assiette. Le comte de Maurepas paya de plusieurs années d’exil son persiflage.
________________


LE COCU

Il est du bois de plus d’une manière
Je n’ai jamais senti celui que vous citez ;
Notre ressemblance est entière
Car vous ne sentez pas celui que vous portez.

Antoine FURETIERE


Ce quatrain fit suite à une épigramme que La Fontaine avait écrite à l’endroit du sieur Antoine Furetière qui avait plaisanté sur l’une de ses fables où il avait confondu le bois de grume (bois coupé encore entouré d’écorce), avec le bois de marmenteau (bois de haute futaie servant à la décoration d’un domaine). Comme personne n’ignorait les malheurs conjugaux de La Fontaine, Furetière répliqua au cocu magnifique de Château-Thierry.
_______________


À UN GLOUTON

Il mange tout, ce gros glouton,
Il boit tout ce qu’il a de rentes.
Son pourpoint n’a plus qu’un bouton,
Mais son nez en a plus de trente.

GOMBAULD


Ogier de Gombauld faisait partie de cette poignée de lettrés qui, en 1634, constituèrent le noyau de la jeune Académie française. Il vécut presque centenaire. On lui doit trois épais livres d’épigrammes dont j’ai extrait celle-ci.
_______________

À SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Sam 11 Juil - 7:17

POUR ARGENT OU POUR OR

Si vous pouviez, pour argent ou pour or,
A vos boutons porter remède,
Vous seriez, je l’avoue, infiniment moins laide,
Mais vous seriez bien laide encor !

VOLTAIRE


Violente et méchante épigramme à l’endroit de Madame de STAËL qui, pourtant, avait un charme particulier. Pour faire ressortir la blancheur de ses mains, elle portait toujours une rose, mais… elle avait des boutons. Elle fut très affectée par ce quatrain. Sur la fin de sa vie, elle avait réussi à faire disparaître ses boutons, mais les moyens qu’elle employa pour parvenir à cela altérèrent tellement sa santé qu’elle en mourut.
________________


Pour rester dans les boutons, voici une épigramme un peu moins agressive d’Alexandre DUMAS fils, au sujet d’une comédienne vieillissante qui s’obstinait à jouer les coquettes en dépit d’un visage envahi par la couperose. Lorsque le rideau tomba, suite à une de ses prestations, elle reçu une énorme gerbe de fleurs dans les bras au milieu de laquelle était insidieusement glissé le quatrain ci-dessous :

À Flore, elle a fait un larcin,
C’est le printemps en miniature ;
Elle a les roses dans la main,
Et les boutons sur la figure.

Alexandre DUMAS, fils.


On savait être rosse aussi à cette époque là, sous le couvert de belles rimes.
________________


SUR L’ABBÉ DE SAINT-PIERRE

N’a pas longtemps, de l’abbé de Saint-Pierre,
On me montrait le buste tant parfait
Qu’onc* ne sus voir si c’était chair ou pierre
Tant le sculpteur l’avait fait trait pour trait.

A donc restai perplexe et stupéfait,
Craignant en moi de tomber de méprise ;
Puis, dis soudain : – « Ce n’et là qu’un portrait :
L’original dirait quelque sottise. »

*Que jamais.

VOLTAIRE


Un célèbre sculpteur avait exécuté le buste particulièrement ressemblant de l’abbé de Saint-Pierre. Voltaire, dans son épigramme, feignit de confondre le modèle avec son buste. Ce pamphlet n’était pas tendre envers l’abbé qui, pour ses idées généreuses, eît mérité un traitement sans doute moins sévère.

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
renée jeanne mignard
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 5060
Age: 83
Localisation: touraine
Date d'inscription: 14/10/2005

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Sam 11 Juil - 11:02

Voltaire n'a jamais été tendre pour celles et ceux qu'il prenait pour cibles....

Mais son ironie mordante, pour ne pas dire méchante, s'est donné libre cours dans cette épigramme contre Fréron:

L’autre jour au fond d’un vallon,
Un serpent mordit Jean Fréron.
Que croyez-vous qu’il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.


.Bisous André.



_________________
Renée Jeanne mignard


L'art ne fait que des vers. Le coeur seul est poète (André Chénier)
Revenir en haut Aller en bas
http://rj-mignard.fr En ligne
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Lun 13 Juil - 5:37

Ah ! oui, on ne peut pas dire qu'il faisait dans la demi-mesure, le Sieur VOLAIRE. Il valait mieux l'avoir parmi ses accointances que s'en faire un ennemi, sou peine de subir ses foudres.

Merci chère RENÉE-JEANNE, pour l'ajout de cette épigramme qui illustre parfaitement la plume acérée du maître du récit vif et incisif.

BISOUS DE NOUS TROIS et excellente journée.



CONTRE LEMIERRE

Prenez les vers du dur et rocailleux Lemierre
Dont, en passant, j’imite la manière,
Lisez, relisez-les, le tout assidûment ;
Et si votre langue vous gêne,
Ils vous feront, par son mouvement,
L’office des cailloux que mâchait Démosthène.

ANONYME


Antoine Marin Lemierre (1723-1793), avait un style rugueux et assez chaotique. Cela lui valut de se faire épingler par un auteur anonyme qui n’était, peut-être, que l’un de ses confrères, qui le comparait à Démosthène qui rêvait de devenir avocat, mais qui avait la voix mal placée, le souffle assez court, et qui, de surcroît, était affligé d’un incoercible zézaiement.
____________________


LE CAFE

Le café nous réveille.
Cher Rousseau, par quel triste effort,
Fais-tu donc que chacun sommeille ?
Le café, chez toi seul, endort.

ANONYME


Jean-Baptiste ROUSSEAU (1671-1741) (qu’il ne faut pas confondre avec Jean-Jacques), voulut profiter de la mode du café pour écrire une pièce sur le sujet. Le première eut lieu le 18 juin 1694. Hélas ! le spectacle était assommant à souhait. Un critique se chargea de l’exécuter, avec le quatrain ci-dessus.
____________________


La vertu a le pouvoir d’attirer d’irrésistible façon les flatteurs et les obséquieux. En 1803, un certain général en retraire du nom de LA CHAISE, préfet du Pas-de-Calais, recevant dans son département Napoléon BONBAPARTE, lui souhaita la bienvenue en un discours emphatique. Une telle servilité valut au préfet d’être élevé à la dignité de baron, mais lui rapporta cette épigramme à verser à son… dossier :

AU BARON

Dieu n’en resta pas là :
Il fit encore La Chaise,
Puis il se reposa
Beaucoup plus à son aise.

ANONYME

_____________________


En août 1703, on procédait en la bonne vile de Dijon au remplacement du maire sortant. Le croirait-on ? A la place de BAUDOT qui boitait, c’est un certain CLOPIN qui fut nommé. L’occasion était belle : un épigrammatiste anonyme se garda bien de la laisser passer et se hâta de composer sur cette coïncidence un quatrain piquant, un peu comme la célèbre motarde du pays.

A UN QUI BOITAIT

Peut-on, lorsque Clopin en maire est érigé,
Et qu’en boiteux Baudot chemine,
Ne pas dire : Clopin en Baudot est changé
Et voilà que Baudot Clopine.

ANONYME

_______________________

À SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Mar 14 Juil - 16:02

Pour la petite histoire, il faut savoir que la veuve du poète SCARRON (Françoise d’AUBIGNE), petite-fille du grand poète protestant Agrippa d’AUBIGNE, deviendra l’épouse de LOUIS XIV, mais que c’est sous un autre nom, celui de Madame de MAINTENON, qu’elle entrera dans l’Histoire.

Un mariage mal assorti jugerons certains, et qui ne pouvait que susciter la réprobation des méchantes langues. Les amis du poète bancroche n’en avaient cure, qui trouvaient maintenant réunis en un même lieu, l’esprit et la beauté. On entend d’ici BOILEAU grogner et médire dans cette épigramme très méchante intitulée :

CONTRE SCARRON

Vois sur quoi ton erreur se fonde,
Scarron, de croire que le monde
Ta va voir pour ton entretien.
Quoi ! ne vois-tu pas, grosse bête,
Si tu grattais un peu ta tête,
Que tu le devinerais bien.

BOILEAU

_________________


Il appartenait à Victor HUGO, grand redresseur de torts devant l’Eternel, de réhabiliter la mémoire de SCARRON. Mais en était-il besoin ?

A SCARRON

Scarron, d’avance, étrange chose,
Faisait Louis Quatorze cocu.
Donc, les culs-de-jatte ont la rose
Et les grands rois le gratte-cul.

Victor HUGO

_________________


A la belle époque, la Comédie-Française était considérée comme une antichambre commode à la disposition des hauts personnages. Quelques coquettes de la scène, dont Cécile SOREL, aux vertus peu farouches, certainement plus douées pour la prostitution que pour le théâtre, se tenaient à la disposition des hommes d’État et des souverains de passage dans la ville des lumières. Dans le rôle de Célimène, Cécile ROREL crut pouvoir effacer les secrets d’une vie privée scandaleuse en s’offrant, l’âge de raison venu, un grand nom de l’armorial. Une épigramme cinglante lui rafraîchit la mémoire :

CELIMENE

Célimène au salon, à peine incommodée,
Tient sa place parmi les dames haut gradées
Qui possédaient jadis en fiefs toute la France ;
Mon Dieu, la seule différence
C’est que toute la France, elle, l’a possédée.

ANONYME

________________


A ANGELIQUE

Angélique, tâchez d’apprendre
Comment on peut longtemps un amant posséder,
Car vous avez l’art de tout prendre,
Mais vous ne savez rien garder.

Claude de LESTOILLE


Cette leçon de morale cache à peine le dépit jaloux d’un poète qui semble avoir trouvé trop courts les instants qu’une coquette lui avait consacrés.
________________

A SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Jeu 16 Juil - 5:24

Au royaume des morts, le riche et le pauvre sont égaux, disait un sympathique poète du nom de Pierre PATRIX, qui vécut de 1583 à 1671 ; Ce qu’il ne dit pas, c’est que, pour qu’une telle égalité s’instaure chez les vivants, il faudra patienter longtemps encore Et sans doute n’avons-nous pas fini d’attendre. Voici, en quelques vers, ce qu’il écrivit :

LE SONGE

Je rêvais cette nuit que, de mal consumé,
Côe à côte d’un pauvre on m’avait inhumé.
Mais, ne pouvant souffrir ce fâcheux voisinage,
En mort de qualité, je luis tins ce langage :
« Retire-toi, coquin, va pourrir loin d’ici !
Il ne t’appartient pas de m’approcher ainsi.
– Coquin ? cez me dit-il d’une arrogance extrême,
Va chercher tes coquins ailleurs, coquin toi-même.
Ici, tous sont égaux, je ne te dois plus rien,
Je suis sur mon fumier comme toi sur le tien ! »

Pierre PATRIX

____________________


Louis VEUILLOT (1813-1883), auteur pas très doué de médiocres romans religieux, était plus doué pour la satire. Dans deux pamphlets féroces, il attaqua tour à tour la Révolution française et la vie intellectuelle française. Victor HUGO n’y était pas ménagé. La vengeance ne se fit pas attendre – elle prit la forme d’un quatrain dans lequel HUGO y déversa tout son fiel :

À VEUILLOT

Ô Veuillot, face immonde encore plus que sinistre
Laid à faire accoucher une ogresse vraiment,
Lorsqu’on parle de toi et qu’on t’appelle cuistre,
Istre est un ornement.

Victor HUGO

___________________


ClAUDINE, marquise de TENCIN (1682-1749), avait commencé sa carrière en étant religieuse par force. Puis elle avait mené une existence pour le moins agitée avec le chevalier DESTOUCHES. Dans son salon on croisait des écrivains ou des philosophes comme l’abbé PREVOST, MARMONTEL ou encore PION et HELVETIUS. L’hôtesse faisait preuve d’un zèle admirable (et sans doute un peu plus) avec « ses » Académiciens. Une fois par an, elle offrait à chacun deux aunes de velours, soucieuse de l’élégance de « ses » invités. A sa mort, PIRON composa ce quatrain :

À MADAME DE TENCIN

J’ai donné tant que j’ai vécu
Une culotte à chacun des Quarante.
Respectable sénat dont j’étais présidente,
Vous allez donc montrer le c..

Alexis PIRON

___________________


Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les dentistes avaient mauvaise réputation. Ils n’étaient ni plus ni moins que de simples arracheurs de dents. Les coquettes de l’Ancien Régime n’avaient guère d’autre ressource que de dissimuler derrière leur éventail un sourire ravagé évoquant un clavier de piano où les dents gâtées ou absentes, jouaient le rôle de touches noires.

Pierre CAPELLE, petit poète du XVIIIe siècle, prouva dans le quatrain ci-dessous, qu’il pouvait, lui, avoir la dent dure :

CHLOÉ

Chloé, vieille sempiternelle,
Me garde, dit-on, une dent ;
Ce trait est beau, mais imprudent :
Elle n’en aura plus pour elle.

Pierre CAPELLE

__________________


À SUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Ven 17 Juil - 7:57

Peu de gens connaissent l’infortuné maréchal de SOUBISE qui perdit la bataille de Rossbach, si ce n’est les historiens. Le 5 novembre 1757, soixante quinze mille soldats d’une coalition franco-saxonne furent mis en déroute par seulement vingt mille prussiens sous les ordres de FREDERIC II. Le maréchal Charles de SOUBISSE tenta courageusement, mais en vain, de rallier ses escadrons français. En une heure seulement le sort e la bataille venait de se jouer. SOUBISSE était le bouc émissaire idéal, car il avait cet avantage qu’à travers lui on pouvait atteindre sa protectrice officielle : la très détestée Madame de POMPADOUR qui s’était découvert des ambitions politiques et se mêlait de diriger les affaires de la France. Elle n’arrêtait pas de trouver des excuses au général vaincu, ce qui, du même coup, justifiait sa propre conduite.

Une épigramme anonyme lui fit comprendre qu’on ne la tenait pas quitte pour autant :

LE MARCHAL SOUBISE

En vain vous vous flattez, obligeante marquise,
De lettre en beaux draps blancs le maréchal Soubise ;
Vous ne pouvez laver, à force de crédit,
La tache qu’à son front imprime sa disgrâce.
Et quoi que votre faveur fasse,
En tous temps on dira ce qu’à présent on dit :
Que si Pompadour le blanchit,
Le roi de Prusse le repasse.

ANONYME

___________________

Infortuné maréchal de SOUBISE : non content d’avoir perdu une importante bataille, il finit par être abandonné de sa protectrice. Il ne lui restait plus que sa maîtresse, Madame de L’HOPITAL, dont le nom autorisait, à lui seul, les pires jeux de mots. Un autre épigrammiste lui décocha ces vers :

PAUVRE MARECHAL

Il est mal, ce pauvre Soubise,
Sa tente à Rossbach il perdit.
À versailles, il perd sa marquise
À l’Hôpital il est réduit !

ANONYME


À SUIVRE

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
André
Administrateur
Administrateur


Nombre de messages: 11045
Age: 67
Localisation: Marseille
Date d'inscription: 20/02/2006

MessageSujet: Re: Fables express et "Texticules" (Nouveau !)   Sam 18 Juil - 15:10

Difficile de se faire une réputation d’écrivain sérieux lorsqu’on a reçu comme nom de baptême un patronyme qui fleure bon avec les herbes de Provence : Louis FARIGOULE ? Et, lorsqu’à trente cinq ans on publie in essai intitulé « La Vision extra-rétinienne et le sens paroptique » , s’agit-il d’un pied de nez du Docteur Knock ? Ou d’une étude scientifique démontrant, preuves à l’appui, que l’homme peut appréhender le monde extérieur en utilisant d’autres sens que celui de la vue ? En fait derrière le nom de Louis FARIGOULE se cache le pseudonyme de Jules ROMAINS, à l’abri duquel il écrira, masqué, les vingt-sept tomes de la série « Les Hommes de bonne volonté ».

Le nom de FARIGOULE a inspiré à un poète anonyme ce quatrain :

Farigoule, les yeux bandés,
Y voit. Cela ne surprend guère :
Quand on écrit avec ses pieds,
On peut lire avec son derrière.

ANONYME

__________________


En poésie, le distique représente la forme la plus courte qui se puisse trouver : le minimum poétique vital en quelque sorte. Un poétaillon, obscur et jaloux, du nom de FAYOLLE, s’était taillé une petite spécialité à la mesure de son court talent dans l’épigramme en deux vers. L’un de ses ennemis, le prenant à ses propres armes, lui cloua le bec d’un distique assassin :

Fayolle doit un jour agrandir son destin,
La gloire du distique est l’espoir du quatrain.

ANONYME|

_________________


Au XIXe siècle, les duellistes appartenaient plus volontiers au monde de la politique ou du journalisme. C’était déjà moins dangereux !

En octobre 1849, un sérieux litige opposa Adolphe THIERS à Jacques Alexandre BIXIO. Que se rassurent les âmes sensibles : tout se termina le mieux du monde, ainsi qu’en témoigne cette épigramme anonyme :

Thiers et Bixio, que Dieu protège,
Ne se sont pas tués, grand merci.
Les pistolets venaient de Liège ;
Les balles en étaient aussi.

ANONYME

__________________

ÀSUIVRE…

_________________


La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots. (André)
Revenir en haut Aller en bas
http://echos-poetiques.net/
 

Fables express et "Texticules" (Nouveau !)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Au Bout De La Plume :: EN TOUTE LIBERTE-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet