| | La poésie Baroque et Burlesque. | |
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André Rang: Administrateur


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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Lun 14 Juil - 5:20 | |
| Rémi BOURGERIE. 1895 - ?
PRÉNOMS
Tu me dis, Colinet, en détours pleins de ruse Et d'astuce, que tu ne sauras plus bientôt Qui fut ton saint patron sur les fonts baptismaux, Car chaque jour il change et que vraiment j'abuse.
Ne crois pas que ce soit un jeu fol qui m'amuse; Je t'appelle, il est vrai, Colette, Colinot, Colinette, Colet, parfois même Picot, Ce dernier mérité lorsque tu fais la buse.
Armillariella te conviendrait-il mieux ? Tu ris en me disant que ce n'est pas sérieux, Qu'un seul prénom suffit à ta grande personne.
J'en conviens, mais hélas, dans le langage humain Il n'est pas d'assez douce et chantante consonne Vois-tu, pour te nommer, quand mon coeur parle au tien
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Mar 15 Juil - 14:43 | |
| Cardinal de BERNIS. 1715-1794.
L'AMOUR ET LES NYMPHES
Auprès d'une féconde source, D'où coulent cent petits ruisseaux, L'Amour fatigué de sa course, Dormait sur un lit de roseaux.
Les Naïades, sans défiance, S'avancent d'un pas concerté, Et toutes, en un grand silence, Admirent sa jeune beauté.
"Ma soeur, que sa bouche est vermeille !" Dit l'une d'un ton indiscret: L'Amour, qui l'entend, se réveille, Et se félicite en secret.
Il cache ses desseins perfides Sous un air engageant et doux; Les Nymphes bientôt moins timides, Le font asseoir sur leurs genoux.
Eucharis, Naïs et Thémire Couronnent sa tête de fleurs, L'Amour, d'un gracieux sourire, Répond à toutes leurs faveurs.
Mais bientôt, aux flammes cruelles Qui brûlent la nuit et le jour, Ces indiscrètes immortelles Connurent le perfide Amour.
Ah ! rendez-nous, Dieu de Cythère, Disent-elles, notre repos: Pourquoi le troubler, téméraire ? Nous brûlons au milieu des eaux.
- Nourrissez plutôt, sans vous plaindre, Répond l'Amour, mes tendres feux: Je les allume quand je veux; Mais je ne saurais les éteindre."
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Ven 18 Juil - 7:57 | |
| Léon VÉRANE
A toi, Pan chevelu, dont la flûte savante Au souffle de ta lèvre, au seul gré de tes doigts, Fait danser sous les pins que l’albe lune argente Les chèvres-pieds cornus et les nymphes des bois,
A toi, dieu protecteur de la forêt bruissante, Qui ranges les bergers de ces lieux sous tes lois, J’offre ce bouc velu, cette agnelle bêlante, Et ces flûteaux taillés au cœur des roseaux droits.
Car j’ai pu, grâce à toi, qui me fus favorable, Voir de nouveaux agneaux bondir dans mon étable ; Et pour avoir brouté, aux crépuscules bleus,
Sous tes regards amis, le thym et la bruyère, Mes chèvres ont empli de leur lait écumeux, L’écuelle de bois et la jarre de terre.
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Sam 19 Juil - 8:10 | |
| Tristan CORBIÈRE
Des essais ? - Allons donc, je n'ai pas essayé !
Étude ? - Fainéant je n'ai jamais pillé.
Volume ? - Trop broché pour être relié...
De la copie ? - Hélas non, ce n'est pas payé !
Un poème ? - Merci, mais j'ai lavé ma lyre.
Un livre ? -... Un livre, encor, est une chose à lire !...
Des papiers ? - Non, non, Dieu merci, c'est cousu !
Album ? - Ce n'est pas blanc, et c'est trop décousu.
Bouts-rimés ? - Par quel bout ?... Et ce n'est pas joli !
Un ouvrage ? - Ce n'est poli ni repoli.
Chansons ? - Je voudrais bien, ô ma petite Muse !...
Passe-temps ? - Vous croyez, alors, que ça m'amuse ?
- Vers ?... vous avez flué des vers... - Non, c'est heurté.
- Ah, vous avez couru l'Originalité ?...
- Non... c'est une drôlesse assez drôle, - de rue -
Qui court encor, sitôt qu'elle se sent courue.
- Du chic pur ? - Eh qui me donnera des ficelles !
- Du haut vol ? Du haut-mal ? - Pas de râle, ni d'ailes !
- Chose à mettre à la porte ? - ...Ou dans une maison
De tolérance. - Ou bien de correction ? - Mais non !
- Bon, ce n'est pas classique ? - À peine est-ce français !
- Amateur ? - Ai-je l'air d'un monsieur à succès ?
Est-ce vieux ? - Ça n'a pas quarante ans de service...
Est-ce jeune ? - Avec !'âge, on guérit de ce vice.
... ÇA c'est naïvement une impudente pose ;
C'est, ou ce n'est pas ça : rien ou quelque chose....
- Un chef-d'oeuvre ? - Il se peut : je n'en ai jamais fait.
- Mais, est-ce du huron, du Gagne, ou du Musset ?
- C'est du... mais j'ai mis là mon humble nom d'auteur,
Et mon enfant n'a pas même un titre menteur.
C'est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard...
L'Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l'Art.
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Lun 21 Juil - 8:13 | |
| Jean RICHEPIN
CHANSON
Grenouilles, Grenouilles, Regonflez vos goîtres flétris. Les vieilles du ciel ont repris Un tapon d’étoupe au fil gris Pour en regarnir leurs quenouilles ; Et voici, sous leur doigt subtil, Choir le nuage fil à fil. Il pleut à verse. Ainsi soit-il, Grenouilles, Grenouilles !
Cigales, Cigales, Retendez vos tambours mouillés. Comprenant ce que vous vouliez, Et qu’il faut les micocouliers Flambant pour calmer vos fringales, Le soleil, doux à votre vœu, Change en brasier d’or le ciel bleu. Ainsi soit-il ! Il pleut du feu, Cigales, Cigales.
Les hommes, Les hommes, Sont seuls à n’être pas contents. Pluie ou soleil, tu les entends Toujours geindre à cause du temps. Ô mal satisfaits que nous sommes ! Grenouille et cigale ont chanté, Chacune à son tour, cet été ; Mais rien n’a pu mettre en gaité Les hommes, Les hommes.
Poète, Poète, Toi, du moins, ne sois pas ainsi. Au temps, comme il vient, dis merci, Au soleil, à la pluie aussi, Et tâche d’être, et le souhaite, Grenouille et cigale à la fois, Pour chanter tout ce que tu vois De bon cœur et de belle voix, Poète, Poète.
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Mer 23 Juil - 14:05 | |
| Jules BARBEY D'AUREVILLY
TREIZE ANS
Elle avait dix-neuf ans. Moi, treize. Elle était belle ; Moi, laid. Indifférente, - et moi je me tuais... Rêveur sombre et brûlant, je me tuais pour elle. Timide, concentré, fou, je m'exténuais... Mes yeux noirs et battus faisaient peur à ma mère ; Mon pâle front avait tout à coup des rougeurs Qui me montaient du coeur comme un feu sort de terre ! Je croyais que j'avais deux coeurs.
Un n'était pas assez pour elle. Ma poitrine Semblait sous ces deux coeurs devoir un jour s'ouvrir Et les jeter tous deux sous sa fière bottine, Pour qu'elle pût fouler mieux aux pieds son martyr ! Ô de la puberté la terrible démence ! Qui ne les connut pas, ces amours de treize ans ? Solfatares du coeur qui brûlent en silence, Embrasements, étouffements !
Je passais tous mes jours à ne regarder qu'elle... Et le soir, mes deux yeux, fermés comme deux bras, L'emportaient, pour ma nuit, au fond de leur prunelle... Ah ! le regard fait tout, quand le coeur n'ose pas ! Le regard, cet oseur et ce lâche, en ses fièvres, Sculpte le corps aimé sous la robe, à l'écart... Notre coeur, nos deux mains, et surtout nos deux lèvres ; Nous les mettons dans un regard !
Mais un jour je les mis ailleurs... et dans ma vie Coup de foudre reçu n'a fumé plus longtemps ! C'est quand elle me dit : " Cousin, je vous en prie... " Car nous étions tous deux familiers et parents ; Car ce premier amour, dont la marque nous reste Comme l'entaille, hélas ! du carcan reste au cou, Il semble que le Diable y mêle un goût d'inceste Pour qu'il soit plus ivre et plus fou !
Et c'était un : " Je veux ! " que ce : " Je vous en prie, Allons voir le cheval que vous dressez pour moi... " Elle entra hardiment dans la haute écurie, Et moi, je l'y suivis, troublé d'un vague effroi... Nous étions seuls ; l'endroit était grand et plein d'ombre, Et le cheval, sellé comme pour un départ, Ardent au râtelier, piaffait dans la pénombre... Mes deux lèvres, dans mon regard,
Se collaient à son corps, - son corps, ma frénésie ! - Arrêté devant moi, cambré, voluptueux, Qui ne se doutait pas que j'épuisais ma vie Sur ses contours, étreints et mangés par mes yeux ! Elle avait du matin sa robe blanche et verte, Et sa tête était nue, et ses forts cheveux noirs Tordus, tassés, lissés sans une boucle ouverte, Avaient des lueurs de miroirs !
Elle se retourna : " Mon cousin, - me dit-elle Simplement, - de ce ton qui nous fait tant de mal ! - Vous n'êtes pas assez fort pour me mettre en selle ?... " Je ne répondis point, - mais la mis à cheval D'un seul bond !... avec la rapidité du rêve, Et, ceignant ses jarrets de mes bras éperdus, Je lui dis, enivré du fardeau que j'enlève : " Pourquoi ne pesez-vous pas plus ? "
Car on n'a jamais trop de la femme qu'on aime Sur le coeur, - dans les bras, - partout, - et l'on voudrait Souvent mourir pâmé... pâmé sous le poids même De ce cors, dense et chaud, qui nous écraserait ! Je la tenais toujours sous ses jarrets, - la selle Avait reçu ce poids qui m'en rendait jaloux, Et je la regardais, dans mon ivresse d'elle, Ma bouche effleurant ses genoux ;
Ma bouche qui séchait de désir, folle, avide... Mais Elle, indifférente en sa tranquillité, Tendait rêveusement les rênes de la bride, - Callipyge superbe, assise de côté ! - Tombant sur moi de haut, en renversant leur flamme, Ses yeux noirs, très couverts par ses cils noirs baissés, Me brûlaient jusqu'au sang, jusqu'aux os, jusqu'à l'âme, Sans que je leur criasse : " Assez ! "
Et le désir, martyre à la fois et délice, Me couvrait de ses longs frissons interrompus ; Et j'éprouvais alors cet étrange supplice De l'homme qui peut tout... et pourtant n'en peut plus ! A tenir sur mes bras sa cuisse rebondie, Ma tête s'en allait, - tournoyait, - j'étais fou ! Et j'osai lui planter un baiser... d'incendie Sur la rondeur de son genou !
Et ce baiser la fit crier comme une flamme Qui l'eût mordue au coeur, au sein, au flanc, partout ! Et ce baiser tombé sur un genou de femme Par la robe voilé, puis ce cri... ce fut tout ! Ce fut tout ce jour-là. - Rigide sur sa selle, Elle avait pris mon front et avait écarté De ses tranquilles mains, ce front, ce front plein d'elle, Rebelle qu'elle avait dompté !
Et ce fut tout depuis, - et toujours. Notre vie S'en alla bifurquant par des chemins divers. Peut-être elle oublia, cet instant de folie, Où de la voir ainsi mit mon âme à l'envers ! Elle oublia. Moi, non. Et nulle de ces femmes Qui, depuis, m'ont le mieux passé les bras au cou, N'arracha de ma lèvre, avec sa lèvre en flammes, L'impression de ce genou !
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Dim 27 Juil - 6:34 | |
| Théodore de BANVILLE (1823-1891)
BALLADE POUR LA SERVANTE DE CABARET
Ami, partez sans émoi ; l'Amour vous suit Pour faire fête à votre belle hôtesse. Vous dites donc qu'on aura cette nuit Souper au vin du Rhin, grande liesse Et cotillon chez une poëtesse. Que j'aime mieux dans les quartiers lointains, Au grand soleil ouvert tous les matins, Ce cabaret flamboyant de Montrouge Où la servante a des yeux libertins ! Vive Margot avec sa jupe rouge !
On peut trouver là-bas, si l'on séduit Quelque farouche et svelte enchanteresse, Un doux baiser pris et donné sans bruit, Même, au besoin, un soupçon de caresse ; Mais, voyez-vous, Margot est ma déesse. J'ai tant chéri ses regards enfantins, Et les boutons de rose si mutins Qu'on voit fleurir dans son corset qui bouge ! Sa lèvre est folle et ses cheveux châtains : Vive Margot avec sa jupe rouge !
J'ai quelquefois grimpé dans son réduit Où le vieux mur a vu mainte prouesse. Elle est si rose et si fraîche au déduit, Quand rien ne gêne en leur rude allégresse Son noble sang et sa verte jeunesse ! Le lys tremblant, la neige et les satins Ne brillent pas plus que les blancs tétins Et que les bras de cette belle gouge. Pour égayer l'ivresse et les festins, Vive Margot avec sa jupe rouge !
Prince, chacun nous suivons nos destins. Restez ce soir dans les salons hautains De Cidalise, et je retourne au bouge, Aux gobelets, aux rires argentins. Vive Margot avec sa jupe rouge !
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Lun 28 Juil - 7:22 | |
| Théodore de BANVILLE (1823-1891)
PRÉFACE
Élite du monde élégant, Qui fuis le boulevard de Gand, O troupe élue, Pour nous suivre sur ce tréteau Où plane l'esprit de Wateau, Je te salue !
Te voilà ! Nous pouvons encor Te dévider tout le fil d'or De la bobine ! En un rêve matériel, Nous te montrerons Ariel Et Colombine.
Dans notre parc aérien S'agite un monde qui n'a rien Su de morose: Bouffons que l'Amour, pour son jeu, Vêtit de satin rayé, feu, Bleu-ciel et rose !
Notre poême fanfaron, Qui dans le pays d'Obéron Toujours s'égare, N'est pas plus compliqué vraiment Que ce que l'on songe en fumant Un bon cigare.
Tu jugeras notre savoir Tout à l'heure, quand tu vas voir La pantomime. Je suis sûr que l'Eldorado Où te conduira Durandeau Sera sublime.
Car notre Thalie aux yeux verts, Qui ne se donne pas des airs De pédagogue, A tout Golconde en ses écrins : Seulement, cher public, je crains Pour son prologue !
Oui ! moi qui rêve sous les cieux, Je fus sans doute audacieux En mon délire, D'oser dire à l'ami Pierrot : Tu seras valet de Marot, Porte ma lyre !
Mais, excusant ma privauté, N'ai-je pas là, pour le côté Métaphysique, Paul, que Molière eût observé ? Puis voici Kelm, et puis Hervé Fait la musique !
Berthe, Lebreton, Mélina, Avec Suzanne Senn, qui n'a Rien de terrestre, Dansent au fond de mon jardin Parmi les fleurs, et Bernardin Conduit l'orchestre !
Écoute Louisa Melvil ! N'est-ce pas un ange en exil Que l'on devine Sous les plis du crêpe flottant, Lorsqu'elle chante et qu'on entend Sa voix divine ?
Ravit-elle pas, front vermeil, Avec ses cheveux de soleil Lissés en onde, Le paysage triomphant, Belle comme Diane enfant, Et blanche ! et blonde !
Pour ces accords et pour ces voix, Pour ces fillettes que tu vois, Foule choisie, Briller en leur verte saveur, Daigne accueillir avec faveur Ma poésie !
Car, sinon mes vers, peu vantés ! Du moins tous ces fronts inventés Avec finesse, Comme en un miroir vif et clair, Te feront entrevoir l'éclair De la jeunesse !
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Mar 29 Juil - 7:52 | |
| SAINT-AMANT
LE PARESSEUX
Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté, Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté, Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.
Là, sans me soucier des guerres d'Italie, Du comte Palatin, ni de sa royauté, Je consacre un bel hymne à cette oisiveté Où mon âme en langueur est comme ensevelie.
Je trouve ce plaisir si doux et si charmant, Que je crois que les biens me viendront en dormant, Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,
Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts, Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.
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| Sujet: Re: La poésie Baroque et Burlesque. Mer 30 Juil - 7:48 | |
| Du BELLAY
JE ME FERAI SAVANT EN LA PHILOSOPHIE
Je me ferai savant en la philosophie, En la mathématique et médecine aussi : Je me ferai légiste, et d'un plus haut souci Apprendrai les secrets de la théologie :
Du luth et du pinceau j'ébatterai ma vie, De l'escrime et du bal. Je discourais ainsi, Et me vantais en moi d'apprendre tout ceci, Quand je changeai la France au séjour d'Italie.
O beaux discours humains ! Je suis venu si loin, Pour m'enrichir d'ennui, de vieillesse et de soin, Et perdre en voyageant le meilleur de mon âge.
Ainsi le marinier souvent pour tout trésor Rapporte des harengs en lieu de lingots d'or, Ayant fait, comme moi, un malheureux voyage.
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